Inégalités face aux droits aux loisirs et à la culture

 

Les loisirs, les vacances et la culture réservés aux plus favorisés ?

 

Un droit « accessoire » ?

L’article 31 de la CIDE est souvent dénigré comme le précise l’association de défense des droits de l’enfant Humanium.
La culture, les loisirs ne sont peut-être pas un besoin « vital » au sens propre du terme si l’on considère que le bien-être et l’épanouissement n’en n’est pas un.
Au-delà d’une visite de musée, d’un départ en colonie de vacances, d’une sortie au théâtre ou d’un concert et tous les bienfaits que cela apporte à l’enfant en matière d’épanouissement et de bien être, c’est l’éducation populaire, la socialisation, la mixité sociale, qui sont mises à mal.

Le Défenseur des Droits dénonce « de fortes disparités des offres et des tarifications des activités culturelles, artistiques et sportives sont constatées selon les territoires. S’y ajoutent des inégalités d’accès à certaines activités reposant sur des clivages socio-économiques et des stéréotypes sexués. »  (Rapport)

Les vacances, les loisirs, la culture, pas pour tous !

Taux de départ en vacances selon le niveau de vie :

Du simple au double : environ 40% des foyers à bas revenus sont partis de mi-2013 à mi-2014, contre plus de 85% des « Hauts revenus ». Le facteur financier est la principale cause de renoncements aux vacances. Source : site du Ministère de l’Économie enquête CREDOC 2014.

Selon un rapport de la CAF, pour les enfants de familles à revenus inférieurs à 1500€ par mois, « le nombre de journées de vacances hors du domicile baisse de près de 5 jours entre 2004 et 2011 ».
A la question « Vous auriez souhaité qu’il parte en colonie, camp. Mais… ? », 45% des interrogés répondent « c’est trop cher ».

Constat identique pour les pratiques sportives :  « La pratique sportive des jeunes dépend du milieu socioculturel auquel ils appartiennent » : 52% des jeunes pratiquent un sport dans les familles « sans diplôme » contre 83% pour ceux dont les parents ont un diplôme supérieur au bac. (1)

Le prix freine la culture : « 25% de nos concitoyens déclarent que, au cours des 12 derniers mois, ils ont renoncé à visiter une exposition, un musée ou un monument à cause du prix. » (1)

Trop peu de « rattrapage » de ces inégalités à l’école

D’après un rapport du Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) : « Les pratiques culturelles sont encore trop marquées par des inégalités de capital culturel caractérisées par des conditions familiales, d’existence et de diplômes différenciées. » « Les conditions de mise en place de la réforme des rythmes scolaires ne semblent pas, à ce jour, propices à cette harmonisation » dit le défenseur des Droits dans son rapport 2016.

Le rapport du CESE affirme que les intervenants manquent de formation à la pédagogie et souligne également les inégalités d’enseignements : « Ces dispositifs reposent très souvent sur des personnels de l’éducation nationale convaincus des mérites de l’éducation artistique et culturelle, sur la présence d’institutions culturelles et sur les collectivités territoriales, dont l’intérêt et l’implication sont variables et soumis à des difficultés socioéconomiques.».
Il souligne également l’inexistence de ces pratiques de façon systématique dans les lycées.

Les aides financières et politiques inégalitaires

Selon l’étude du CREDOC « Conditions de vie et aspirations de français » citée ci-contre, en 2014, un français sur 4 dispose d’une aide pour le départ en vacances. Bien que les aides de la CAF, des mairies ou d’autres organismes sociaux profitent en priorité aux personnes à bas revenus, « la proportion de bénéficiaires de chèques-vacances ou d’aides de l’employeur ou du comité d’entreprise est plus forte parmi les personnes disposant de revenus élevés (18 %) que parmi celles disposant de bas revenus (7 %). »

D’après une autre étude lue sur inégalités.fr, « 25 % des plus aisés (plus de 3 000€ mensuels pour une personne seule) et même 26 % de la partie haute des classes moyennes (de 1900 à 3000€) ont reçu une aide financière pour partir en vacances, contre 22 % des bas revenus (inférieurs à 1 200€) »

Les politiques des CAF étant différentes d’un département à un autre, les allocataires se voient attribuer des aides plus ou moins importantes.
Ces politiques se répercutent également sur le choix de la destination quand de plus en plus de CAF ne conventionnent des organismes qui ne sont présents que sur leur territoire.

Pour aller plus loin

Centres de loisirs, mini-camps, colos : quand les parents et les adolescents font le choix du collectif de la CAF
L’analyse d’Evasoleil sur la baisse des départs en colo
Les enfants inégaux face aux vacances : inégalité.fr
Les colos d’aujourd’hui
par l’UNAT